Certains emplois nous suivent jusque chez nous. On a quitté les locaux, mais les tensions et les réunions continuent de tourner dans la tête.
Puis on cesse d'y aller, et une grande partie du poids disparaît presque d'un coup.
Les collègues ont-ils changé ? Les conflits sont-ils réglés ? Les réunions interminables ont-elles été supprimées ?
Pas forcément. On n'a simplement plus besoin d'y retourner.
Le bureau : « Dans l'épisode d'aujourd'hui, nouveau conflit ! » L'ancien salarié : « Désolé, mon personnage a quitté la série. »
Votre ancien collège n'a pas fermé le jour de votre départ
Au collège, les disputes entre élèves et l'humeur des professeurs semblaient parfois occuper le monde entier.
Après le départ, de nouveaux élèves arrivent, les classes changent, les histoires aussi.
Un jour, quelqu'un peut raconter : « Tu sais ce qui se passe dans ton ancienne classe ? »
Réponse possible : « Oui, enfin, je n'y suis plus depuis longtemps. »
Le collège n'est pas devenu parfait. C'est votre place dans cette histoire qui a changé.
La série du bureau n'a pas besoin de dernier épisode
Après un départ, une entreprise continue à recruter, organiser des réunions et traverser ses propres conflits.
Saison deux. Saison trois. Épisode spécial que personne n'avait demandé.
Mais vous n'avez pas à rester au générique.
Il n'est pas toujours nécessaire de résoudre tous les problèmes pour qu'ils cessent de peser sur votre vie. Parfois, c'est le fait de ne plus y être mêlé qui change tout.
Apprendre à supporter n'est pas la seule solution
Face à un travail pénible, on se dit souvent : « Il faut relativiser », « Je me reposerai ce week-end », « Je dois devenir plus résistant ».
Ces stratégies peuvent aider. Mais si les mêmes conditions produisent la même pression chaque jour, elles ne suffisent pas toujours.
L'Organisation mondiale de la Santé recommande aussi d'agir directement sur les conditions de travail et de réduire les risques présents dans l'environnement professionnel. [1] L'institut américain NIOSH donne lui aussi la priorité à la suppression des facteurs nocifs. [2]
Quand une pièce est pleine de fumée, apprendre à mieux respirer ne remplace pas la recherche d'une sortie.
Cela ne veut pas dire qu'il faut systématiquement démissionner. Changer d'équipe, d'horaires ou poser des limites peut déjà aider.
Le vrai changement, c'est de retrouver des choix
Le soulagement est précieux. Mais la découverte la plus importante est peut-être celle-ci : l'endroit où l'on se trouve aujourd'hui n'est pas forcément celui où l'on doit rester toute sa vie.
Partir peut être difficile. Il faut compter avec les revenus, les contrats, la vie quotidienne et les responsabilités envers les autres. Un départ n'efface pas ses engagements.
Même ainsi, pouvoir préparer une autre option et choisir un environnement plus adapté change profondément la manière de voir la situation.
Ils continuent leur histoire, vous continuez la vôtre
Votre ancien collège connaît une nouvelle rentrée. Votre ancienne entreprise prépare de nouveaux épisodes.
Très bien pour eux.
Leur série continue. Votre vie aussi, mais sur une autre scène.
Vous n'êtes pas obligé de suivre toutes les saisons.
Sources : [1] Organisation mondiale de la Santé, Mental health at work : https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/mental-health-at-work [2] CDC/NIOSH, Hierarchy of Controls : https://www.cdc.gov/niosh/twh/php/hierarchy/

