Pourquoi les gens discrets se mettent à crier devant un jeu, au sport, au karaoké ou au volant

Vous parlez peu. Vous n'êtes pas du genre à hausser la voix en public. Dans une conversation, vous scrutez sans cesse la réaction de l'autre et l'ambiance.

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Introduction : discret au quotidien, mais devant un jeu vidéo, ça sort

Vous parlez peu.
Vous n'êtes pas du genre à hausser la voix en public.
Dans une conversation, vous scrutez sans cesse la réaction de l'autre et l'ambiance.

Mais dès que vous avez une manette en main, ça sort :

Waaaah !
Aaaargh !
Ça touche, ça ?!
Voilà, c'est fini !
Non mais là, c'est pas possible !

Au sport aussi, ça sort.
Au karaoké aussi.
Et parfois même au volant.

En revanche, à un concert, il arrive que rien ne sorte.
Autour de vous, tout le monde crie « Ado ! » ou « Ouaaais ! », et vous n'arrivez pas vraiment à vous laisser aller.
Vous êtes même plutôt lucide, et si vous criez, c'est juste en pensant :

Tout le monde le fait, je devrais peut-être le faire aussi
Je suis venu jusqu'ici, autant m'enflammer pour en avoir pour mon argent

Et c'est là le point important.

Quand on crie, ça ne vient pas toujours du même endroit.

Le « Waaaah ! » lâché pendant un jeu est un réflexe, une soupape, la marque d'une immersion totale. Le cri qu'on ajoute à un concert pour suivre la foule relève plutôt du conformisme social, du prix à payer pour participer, et du réflexe de rentabiliser son billet.

Cet article fait le point sur les raisons pour lesquelles les personnes habituellement discrètes trouvent leur voix devant un jeu, au sport, au karaoké ou au volant.


D'abord, distinguer deux types de cris : le « cri réflexe » et le « cri de participation »

Le cri réflexe

Le cri réflexe est un son qui sort avant même qu'on ait réfléchi.

Par exemple :

  • Le « Waaaah ! » quand on se fait éjecter de l'arène dans Smash Bros. (une série de jeux de combat de Nintendo)
  • Le « Oh là là ! » quand on rate la balle au sport
  • Le « Attention ! » quand quelqu'un nous coupe la route au volant
  • La grosse voix qu'on sort quand le refrain arrive au karaoké

Rien de tout cela n'est une conversation.
On n'explique rien à personne.
Ce n'est pas une phrase construite pour les autres.

Les émotions et les réactions du corps se transforment directement en son.

Le cri de participation

Le cri de participation, c'est un peu différent.

Imaginons que, à un concert, la salle hurle :

Ado !
Ouaaais !
Trop bien !

et que vous criez aussi, histoire de faire comme les autres.

Mais à l'intérieur, vous vous dites :

Tout le monde le fait, je devrais le faire aussi
Ce serait dommage de ne pas m'enflammer
J'ai payé ma place, j'aurais l'impression de perdre mon argent si je n'avais pas l'air de m'amuser

Ce n'est pas un réflexe. C'est un comportement ajusté à la situation.

Autrement dit :

Un cri pendant un jeu = une voix qui sort toute seule du corps Un cri à un concert = parfois une voix qu'on produit pour s'accorder à son entourage

Mieux vaut bien séparer les deux.


Dans la conversation de tous les jours, les freins sociaux sont puissants

Une conversation ordinaire demande un traitement très complexe.

  • Ce qu'on va dire
  • Comment le dire
  • Comment l'autre va le prendre
  • Si l'ambiance risque de se gâter
  • Si on va passer pour quelqu'un de bizarre
  • Si le volume est approprié
  • Si on en dit trop
  • Si on va nous demander une réponse

Tout ce travail social se met en route.

C'est pourquoi les personnes habituellement discrètes freinent souvent avant même d'ouvrir la bouche.

Le « Waaaah ! » ou le « Aaaargh ! » d'un jeu, en revanche, n'est pas une conversation.
On n'explique rien à personne.
On ne gère aucune relation.
Ce n'est pas une opinion mise en mots.

C'est une simple réaction.

Surprise, frustration, réussite, occasion manquée de peu, danger, rire, excitation.
Tout cela devient directement du son.

Donc :

Parler peu au quotidien
et
crier devant un jeu

sont deux phénomènes distincts.


Raison 1 : l'autosurveillance baisse pendant les jeux et le sport

Quand on est concentré sur un jeu ou sur du sport, on a moins de ressources pour surveiller l'image qu'on donne aux autres.

Dans un jeu comme Smash Bros. en particulier, beaucoup de choses tournent à toute vitesse :

  • Repérer où se trouve l'adversaire
  • Repérer où l'on est soi-même
  • Anticiper la portée d'une attaque
  • Anticiper le trajet de retour de l'adversaire sur l'arène
  • Surveiller la limite à partir de laquelle un coup nous éjecte
  • Lire les habitudes de l'adversaire
  • Décider quelle attaque lancer maintenant pour qu'elle touche

Les ressources du cerveau sont alors mobilisées par ce qui se passe à l'écran.

Du coup, les vérifications habituelles n'ont pas l'occasion de s'enclencher :

Est-ce que j'ai fait un bruit bizarre ?
Est-ce que je passe pour quelqu'un de bruyant ?
Je ferais peut-être mieux de me tenir tranquille

Cela rejoint l'état de flow (ou « flux »). Le flow est un état d'immersion profonde, de forte concentration et de plaisir, que les chercheurs ont étudié.
Les jeux vidéo font partie des activités qui le déclenchent facilement.

Dans le flow, l'attention se tourne entièrement vers ce qu'on fait.
La conscience de « l'image que je donne vue de l'extérieur » s'estompe donc facilement.

Résultat : la voix sort.


Raison 2 : les émotions montent très vite

Les jeux, le sport et la conduite provoquent des variations émotionnelles rapides.

Dans Smash Bros., en quelques secondes, on enchaîne :

  • J'ai touché
  • J'ai raté
  • Je me suis fait éjecter
  • J'ai réussi à revenir
  • J'ai éjecté l'autre
  • J'ai renversé la partie
  • J'ai fait une bourde
  • Je me suis fait toucher d'une façon absurde

Au sport, c'est pareil.

  • C'est rentré
  • J'ai raté
  • Je l'ai attrapée
  • Je ne l'ai pas attrapée
  • Il s'en est fallu de peu
  • Parfait
  • J'ai failli tomber

Au volant aussi, des stimulations arrivent sans prévenir :

  • Quelqu'un m'a coupé la route
  • Je l'ai échappé belle
  • Le feu a changé
  • J'ai aperçu un piéton
  • Il y avait un drôle de conducteur

Ces stimulations instantanées se transforment plus vite en son qu'en mots.

On ne dit pas : « Je viens de repérer un danger et je ressens de la surprise et de la colère. »
On dit : « Oh ! »

On est proche d'une émotion à forte activation.

Des recherches sur la voix émotionnelle et la voix sous stress rapportent que la colère et le stress se manifestent facilement dans la hauteur, l'intensité, le volume et le débit de la voix.

Un cri pendant un jeu est donc plutôt :

non pas des mots choisis, mais une émotion à forte activation qui s'échappe sous forme de son


Raison 3 : on a le sentiment d'avoir la permission de lâcher sa voix

C'est un point très important.

Même les personnes habituellement discrètes laissent facilement sortir leur voix dans des situations comme celles-ci :

  • Les jeux vidéo
  • Le sport
  • Le karaoké
  • Dans une voiture
  • Seul dans sa chambre
  • À la salle de sport
  • Sous la douche ou dans le bain
  • Quand on marmonne sous la couette

Pourquoi ?

Parce que, dans ces lieux, on sent qu'on a le droit de faire du bruit.

Un « Waaaah ! » est une réaction naturelle dans un jeu.
Un cri fait naturellement partie du jeu au sport.
Au karaoké, faire du bruit est le but même.
Une voiture est une pièce à moitié privée, donc il y a moins de regards extérieurs.

Autrement dit, il y a là :

une règle tacite qui permet d'être bruyant

Dans une conversation ordinaire, la voix parvient à quelqu'un.
Cette personne réagit.
L'ambiance change.
Cela influe sur la relation.

Mais une voix lâchée pendant un jeu, au sport, au karaoké ou en voiture reste plus facilement contenue dans l'instant.

Parce qu'on se sent autorisé à la laisser sortir, elle sort.

Cela compte beaucoup.


Raison 4 : la voix devient un exutoire pour les émotions

Au quotidien, on a tendance à traiter ses émotions dans sa tête.

Il se passe quelque chose de désagréable.
Mais on ne dit rien tout de suite.
On imagine la réaction de l'autre.
On se demande si c'est de notre faute.
On réfléchit à ce qu'on aurait dû dire.
On réfléchit à ce qui va se passer ensuite.

L'émotion reste alors à l'intérieur.

Cela devient de la rumination, cette habitude de ressasser les mêmes pensées.

Le « Waaaah ! » d'un jeu, en revanche, envoie l'émotion vers l'extérieur.

Pas besoin de belles paroles.
Pas besoin d'être logique.
Pas besoin de l'expliquer à qui que ce soit.

La réaction du moment sort simplement sous forme de voix.

L'émotion tourne alors moins en boucle à l'intérieur.

Autrement dit, la voix sert d'exutoire.

Dit autrement :

Avant que ça tourne dans la tête, on le laisse s'échapper sous forme de son.

Hurler « Aaaargh ! » devant Smash Bros., ce n'est pas du simple vacarme : pour le traitement des émotions, c'est un mouvement tout à fait naturel.


Le karaoké : un endroit où le fait de faire du bruit est explicitement permis

Le karaoké est encore plus facile à comprendre.

D'ordinaire, quand on crie, on se fait regarder de travers.
Mais au karaoké, être bruyant est le but.

C'est plutôt de rester silencieux qui paraît anormal.

On sort donc plus de voix que d'habitude.

Il existe aussi des recherches reliant le chant à l'humeur et au stress. Des études sur le chant choral et sur le chant en général rapportent des liens avec une meilleure humeur et une baisse du cortisol, une hormone du stress.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que chanter guérit tout.
Mais il est tout à fait logique que se servir de sa voix, respirer, se laisser porter par la musique et utiliser son corps aident à réguler les émotions.

Le karaoké est :

un endroit où l'on peut se servir de sa voix un endroit où l'on peut transformer ses émotions en son un endroit où l'on peut mettre ses émotions dans les paroles un endroit où l'on peut se montrer un peu plus grand que d'habitude

C'est pour cela que même les personnes discrètes s'y lâchent.


Au sport, la voix est liée à l'effort physique

Au sport, la voix est parfois liée à l'effort que fournit le corps.

Le grognement au tennis, le cri de combat dans les sports de combat, le bruit des haltérophiles, le souffle de la course, le son qu'on émet en forçant à la salle de sport.

Rien de tout cela n'est de la simple conversation.

Cela remplit des fonctions comme :

On expire.
On contracte les muscles.
On cale son timing.
On rassemble son corps.

Des recherches sur le tennis rapportent que le grognement pourrait retarder la réaction de l'adversaire et influer sur la performance et la perception.

Les jeux demandent moins de force physique que le sport.
Mais il y a quand même les gestes de la main, les réflexes, la concentration et le timing.

C'est pourquoi des cris comme :

Allez, vas-y !
Oh !
Ça touche, ça ?!
Oui !

peuvent s'associer aux manipulations et à la concentration.

C'est aussi la voix d'un corps qui réagit à ce qu'il y a à l'écran.


Pourquoi la voix sort en voiture

L'intérieur d'une voiture est aussi un lieu particulier.

C'est une pièce à moitié privée.

De l'extérieur, on peut vous voir, mais votre voix est largement étouffée.
Si vous êtes seul, il n'y a personne à qui parler.
On peut mettre de la musique.
Et la conduite apporte beaucoup de stimulations.

Du coup, il est facile de laisser échapper des choses comme :

Oh là, attention !
Pourquoi il me coupe la route maintenant !
Non mais là, c'est pas possible !
Oui, oui, c'est ça, bien sûr !
C'est moi qui avais la priorité !

Il y a toutefois une mise en garde.

Si la colère au volant devient trop forte, elle nuit à la sécurité.
Laisser sortir ses émotions par la voix est naturel en soi, mais si cela mène à une conduite agressive ou à un manque d'attention, c'est dangereux.

Donc, en voiture, l'essentiel est ceci :

Évacuer par la voix, c'est très bien, mais ne pas laisser cela influencer ses décisions de conduite.

On dit « Oh là là ! » et c'est terminé.
On ne poursuit pas l'autre voiture.
On ne colle pas le pare-chocs de quelqu'un pour le provoquer.
On ne rend pas sa conduite brutale.

La voiture peut servir d'exutoire, mais l'important est de ne pas basculer dans la rage au volant.


Certains restent muets aux concerts : c'est un « cri de participation », pas un « cri réflexe »

À l'inverse, certaines personnes n'arrivent pas à s'exprimer bruyamment à un concert.

Même quand tout le monde autour crie :

Ado !
Ouaaais !
Trop bien !

cela ne leur vient pas naturellement.

Au contraire, leur tête reste calme et elles pensent :

Tout le monde le dit, je devrais peut-être le dire aussi
Je suis venu jusqu'ici, je devrais peut-être m'enflammer pour en avoir pour mon argent
Dans cette ambiance, crier donnera peut-être plus l'impression de participer

Ce n'est pas pareil que le « Waaaah ! » d'un jeu.

Le cri d'un jeu est un réflexe face à ce qui se passe à l'écran.
Le cri d'un concert peut être un acte de participation.

Autrement dit, le cri de concert comporte parfois :

  • S'accorder aux gens autour de soi
  • Se composer une apparence d'enthousiasme
  • Le faire par politesse envers l'événement, comme il est d'usage
  • Essayer de rentabiliser l'argent dépensé en s'amusant
  • Suivre l'ambiance de la salle plutôt que ce qu'on ressent à l'intérieur

On est proche du conformisme social.

En psychologie sociale, les gens suivent parfois les normes d'un groupe pour être acceptés par les autres ou pour éviter d'être mis à l'écart.
C'est ce qu'on appelle la conformité normative.

Pour certaines personnes, le cri de concert n'est pas non plus un pur réflexe, mais :

un cri de participation : je le fais parce que les autres le font

Si vous restez silencieux à un concert, cela ne veut donc pas dire que vous ressentez moins.
Cela veut simplement dire que, dans ce cadre, le cri est pour vous un acte social et non un réflexe.


« Crier parce que c'est amusant » et « crier parce qu'il le faut » : ce n'est pas pareil

Un même « Ouaaais ! » peut recouvrir des choses très différentes.

Crier parce que c'est amusant

  • Le corps le fait tout seul
  • On n'y réfléchit pas
  • On se sent soulagé après
  • On réagit directement à ce qu'on a devant soi
  • Ça vient de l'intérieur

Crier parce qu'il le faut

  • On suit parce que les autres le font
  • On a l'impression de se faire remarquer si on ne le fait pas
  • On a l'impression de gaspiller son argent si on ne s'enflamme pas
  • On est calme à l'intérieur et on s'aligne seulement en apparence
  • On se sent un peu fatigué après

Ces deux situations n'ont rien à voir.

Les cris poussés pendant un jeu, au sport, au karaoké ou au volant relèvent plutôt de la première.
Les cris de concert peuvent, selon les personnes, relever plutôt de la seconde.

Il est donc utile de se demander :

Est-ce un cri réflexe ou un cri de participation ?


Pour les personnes discrètes, il est important d'avoir des endroits où se lâcher

Les gens qui expriment facilement leurs émotions à voix haute ont déjà un exutoire intégré à leur quotidien.

Mais les personnes habituellement discrètes, attentives aux autres, qui lisent trop les réactions de leur entourage, ont tendance à garder leurs émotions à l'intérieur.

La rumination s'installe alors facilement.

C'est pourquoi

  • Les jeux vidéo
  • Le sport
  • Le karaoké
  • L'intérieur de la voiture
  • La salle de sport
  • La douche
  • Les monologues à mi-voix pendant une promenade
  • La saisie vocale (dicter à son téléphone)

et les autres endroits où l'on peut se lâcher comptent autant.

Cela ne veut pas dire qu'on a un caractère brutal.

C'est simplement quelqu'un qui a de gros freins au quotidien et qui évacue dans un endroit sûr.

Qu'une personne habituellement discrète ne crie que pendant les jeux est même tout à fait naturel.


Une mise en garde : faire du bruit n'est pas la même chose que se décharger sur les autres

Il faut bien faire la différence.

Faire du bruit, c'est bien.
Le diriger contre les autres, c'est autre chose.

Par exemple,

  • Crier contre l'ordinateur (l'adversaire contrôlé par la console) dans Smash Bros.
  • Chanter seul au karaoké
  • Expirer fort à la salle de sport sans déranger les autres
  • Marmonner dans la voiture
  • Réagir chez soi à un volume qui ne dérange pas les voisins

Cela, c'est de l'évacuation.

Mais ceci

  • Insulter ses adversaires dans un jeu multijoueur en ligne
  • Passer ses nerfs sur sa famille
  • Provoquer les autres conducteurs sur la route
  • Hurler au travail
  • Continuer à crier à un volume qui gêne tout le monde autour

peut devenir de l'agressivité ou une nuisance, pas de l'évacuation.

Ce qui compte, c'est donc :

choisir où et comment on se lâche.

Faire du bruit, c'est bien.
Il suffit de le diriger vers un endroit sûr.

C'est la meilleure approche.


Comment s'en servir : une routine de voix pour prendre soin de soi

Si vous avez tendance à accumuler vos émotions, il est utile de faire des activités où la voix sort un menu régulier.

1. Smash Bros. contre l'ordinateur

Le but n'est pas de gagner, mais de couper la rumination et d'évacuer ses émotions.

  • Jouer contre l'ordinateur
  • 20 à 30 minutes
  • Une difficulté qu'on peut battre
  • Pas de jeu en ligne
  • Les « Waaaah ! » sont autorisés
  • Arrêter si l'irritation augmente

2. Karaoké en solo

Le but n'est pas la note, mais l'évacuation.

  • 30 à 60 minutes
  • Des chansons qu'on aime
  • Des chansons faciles à chanter à pleine voix
  • Les chansons qui font pleurer sont permises
  • Ne pas chercher à rentabiliser chaque yen de la salle
  • Boire de l'eau à la fin

3. Sport et salle de sport

Le but est de sortir ça du corps.

  • Un peu de cardio léger
  • De la musculation
  • De la course
  • Des activités où l'on frappe, lance ou tape dans quelque chose
  • Expirer
  • Ne pas trop se crisper

4. Se parler tout seul en voiture, sans risque

Le but est d'évacuer sans que la conduite devienne plus brutale.

  • Finir par un « Oh là, attention »
  • Ne pas poursuivre l'autre
  • Ne pas provoquer
  • Ne pas laisser la colère entrer dans la conduite
  • Laisser la musique ou une chanson l'emporter

5. La saisie vocale

On dit les choses à voix haute et on les met en texte en même temps.

  • Dicter ses plaintes
  • Demander à une IA de les structurer
  • En faire un article
  • Les détacher de soi

On peut ainsi se servir de sa voix et créer quelque chose de durable en même temps.


Conclusion : le « Waaaah ! » devant un jeu est l'exutoire sans danger des personnes discrètes

Être discret au quotidien et ne crier que devant un jeu, au sport, au karaoké ou au volant, c'est tout à fait naturel.

Votre personnalité n'est pas détraquée.

Les raisons sont les suivantes :

  • C'est une réaction, pas une conversation
  • Le flow et la concentration font baisser l'autosurveillance
  • Les émotions montent vite
  • On a le sentiment d'avoir la permission de lâcher sa voix
  • La voix sert d'exutoire aux émotions
  • La voix est liée à l'effort physique

Les cris de concert forment toutefois une catégorie à part.

Crier « Ouaaais ! » pour suivre la foule à un concert peut, pour certaines personnes, relever moins du cri réflexe que du cri de participation, d'une forme de conformisme, ou du souci de rentabiliser leur billet.
Si vous êtes calme à l'intérieur et que vous vous contentez de vous aligner sur la salle, c'est autre chose que le « Aaaargh ! » que vous poussez devant un jeu.

Le plus simple est donc de classer sa voix ainsi :

Votre voix pendant un jeu, au sport, au karaoké ou au volant → Cri réflexe, cri d'évacuation, cri d'immersion

Votre voix quand vous vous alignez sur la foule à un concert → Cri de participation, cri de conformité, cri pour rentabiliser son billet

Une personne discrète qui crie devant un jeu n'est pas brutale au fond.
C'est parce que c'est un endroit sûr où elle a le droit de se lâcher.

Criez devant Smash Bros. et envoyez valdinguer hors de l'arène le conseil de singes agités qui siège dans votre tête.
C'est une forme d'entretien de soi plutôt rationnelle.

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