Introduction : l'entreprise impose l'uniforme, alors pourquoi les salariés paieraient-ils ?
Au Japon, beaucoup de lieux de travail imposent une tenue ou un uniforme choisi par l'entreprise.
Restauration, usines, santé et aide à la personne, vente, accueil, personnel d'événements, sécurité, transport, bâtiment : il n'est pas rare qu'une tenue soit nécessaire pour l'image, la sécurité, l'hygiène ou l'identité de la marque.
Et c'est là que viennent ces questions :
Si l'entreprise impose l'uniforme, n'est-ce pas à elle de le payer ?
La première dotation est payée par l'entreprise, d'accord, mais que se passe-t-il pour les pièces supplémentaires ou le remplacement quand elles s'usent ?
Est-il normal que le salarié paie 30 %, la moitié, ou la totalité ?
La réponse en bref : quand l'uniforme est imposé par l'entreprise et indispensable au travail, il est naturel que l'entreprise prenne en charge la première dotation et le remplacement dû à l'usure normale.
Cela dit, il existe aussi des règles de participation partielle ou totale du salarié. Plutôt que « à partir de quel pourcentage est-ce illégal ? », il faut juger selon le caractère indispensable de la tenue, la propriété des vêtements, l'existence d'un règlement, les explications données, la procédure de retenue sur salaire et le caractère raisonnable du montant.
Le sujet n'est donc pas simplement « 30 % ou 50 % ».
La vraie question est : jusqu'où l'entreprise fait-elle porter aux salariés des coûts qui lui incombent normalement ?
D'abord la conclusion : la ligne « normale » pour un uniforme imposé
En gros, voici ce que cela donne :
| Cas | Ligne considérée comme normale |
|---|---|
| Première dotation d'un uniforme imposé, indispensable, avec logo | 100 % à la charge de l'entreprise, c'est naturel |
| Remplacement dû à l'usure d'un usage normal | 100 % à la charge de l'entreprise, c'est naturel |
| Changement de design, mutation ou changement de taille voulu par l'entreprise | À la charge de l'entreprise, c'est naturel |
| Pièces de rechange supplémentaires demandées par le salarié | Le salarié peut payer de 30 à 100 % |
| Perte ou casse par la faute du salarié | Le salarié peut payer de 50 à 100 % |
| Articles courants comme une chemise blanche ou des chaussures noires | Le salarié peut payer 100 % |
| Tenue imposée mais paiement en espèces sans aucun règlement | Très douteux |
| Retenue sur salaire décidée unilatéralement | Très risqué du point de vue de la procédure |
| Le salarié a dû acheter l'uniforme, mais on lui demande de le rendre au départ | Propriété floue, risqué |
En un mot : un uniforme imposé, indispensable et porté pour l'entreprise doit plutôt être payé par l'entreprise.
À l'inverse, le salarié peut payer pour des articles courants qu'il peut aussi porter en dehors du travail, pour des pièces supplémentaires qu'il demande lui-même, ou pour une perte ou une casse due à sa faute.
Existe-t-il des données sur « le pourcentage normal » ?
C'est le point le plus délicat.
Il est très difficile de trouver des statistiques publiques indiquant la répartition du coût de l'uniforme lui-même entre l'entreprise et le salarié.
Voici le genre de répartition détaillée dont je parle :
- Entreprise à 100 % : quel pourcentage ?
- Entreprise 70 %, salarié 30 % : quel pourcentage ?
- Moitié-moitié : quel pourcentage ?
- Salarié à 100 % : quel pourcentage ?
- Salarié payant seulement lors du remplacement pour usure : quel pourcentage ?
- Salarié payant seulement pour les achats supplémentaires : quel pourcentage ?
Des données nationales et transversales de ce type sont, du moins dans ce qui est accessible au grand public, plutôt rares.
C'est pourquoi ce que l'on trouve plus facilement dans les articles et enquêtes, ce n'est pas la répartition du prix de l'uniforme, mais la réalité de la prise en charge du lavage et du nettoyage, ainsi que des exemples de règles sur le nombre de tenues fournies et les achats supplémentaires.
Autant faire la part des choses honnêtement :
Répartition du coût de l'uniforme lui-même : peu de données
Prise en charge du nettoyage et du lavage : des enquêtes existent
Règlement intérieur et retenue sur salaire : des règles légales existent
Pratique réelle : l'important est de concevoir des règles uniformes pour toute l'entreprise
Plutôt que d'affirmer « la moyenne est de tant de pour cent », il est important de distinguer ce pour quoi on a des données et ce pour quoi on n'en a pas.
Des données proches : le lavage et le nettoyage reposent surtout sur le salarié
Ce n'est pas le prix d'achat de l'uniforme, mais il existe des données sur l'entretien des uniformes et des tenues de travail.
Dans une enquête de la société White Plus auprès de 1 034 hommes et femmes de 20 à 60 ans, répartis dans tout le Japon, qui doivent porter un uniforme ou une tenue de travail, « je le lave à la maison » arrive en tête avec 55,7 % à la question sur la manière de nettoyer la tenue. En revanche, seuls 21,0 % des cas sont pris en charge par un pressing aux frais de l'entreprise.
Autrement dit, même quand l'entreprise fournit l'uniforme, le lavage quotidien et l'entretien reposent dans beaucoup de lieux de travail sur les individus.
Une autre enquête, menée auprès d'exposants de salons et d'événements, donne des chiffres du même ordre : pour les uniformes fournis par l'entreprise, 52,5 % « le lavent eux-mêmes à la maison » et 11,7 % bénéficient d'un nettoyage organisé par l'entreprise.
Ces données montrent ceci :
Même quand le « corps » de l'uniforme est fourni par l'entreprise, les « coûts d'entretien » sont facilement laissés au terrain ou à chaque individu.
C'est précisément la faille des systèmes d'uniforme.
Il ne suffit pas de décider qui paie quelle part du prix d'achat : si l'on ne fixe pas aussi le lavage, le rangement, le remplacement, l'ajout, la restitution et la perte, tout dépend des personnes.
Côté juridique : faire payer le salarié n'est pas forcément interdit
On ne peut pas dire que faire payer au salarié l'uniforme imposé par l'entreprise est toujours illégal.
En revanche, point important : si l'on fait payer, il faut l'indiquer clairement dans une règle.
Selon la loi japonaise sur les normes du travail, le règlement intérieur (règles de travail) doit mentionner les cas où les salariés supportent des frais de repas, de fournitures de travail ou autres. Une entreprise employant habituellement 10 salariés ou plus a aussi l'obligation de rédiger ce règlement et de le déclarer à l'administration.
Si l'uniforme ou la tenue de travail relève de ces « fournitures de travail et autres charges », l'entreprise qui en fait supporter le coût aux salariés doit au minimum préciser les points suivants :
- Qu'est-ce que l'entreprise prend en charge ?
- Qu'est-ce que le salarié prend en charge ?
- Que se passe-t-il pour la première dotation ?
- Que se passe-t-il pour la deuxième dotation et les suivantes ?
- Que se passe-t-il pour les achats supplémentaires ?
- Que se passe-t-il pour le remplacement dû à l'usure ?
- Que se passe-t-il en cas de perte ou de casse ?
- Que se passe-t-il pour la restitution au départ ?
- Y a-t-il une retenue sur salaire ou un paiement en espèces ?
- Quel est le plafond de la part du salarié ?
« On a toujours fait comme ça » ne tient pas.
Si l'on fait payer l'uniforme aux salariés, l'entreprise doit disposer d'un vrai dispositif réglementé pour les frais d'uniforme.
La retenue sur salaire demande encore plus d'attention
Même si l'on met le coût à la charge du salarié, retenir de l'argent sur le salaire sans cadre est une autre affaire.
Le salaire doit en principe être versé en totalité. Pour opérer d'autres retenues que celles prévues par la loi, comme l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales, il faut un accord écrit avec le représentant de la majorité des salariés ou avec le syndicat.
Pour l'uniforme aussi, les pratiques suivantes sont donc risquées :
- Dire soudain après l'embauche : « On va retenir l'uniforme sur votre salaire »
- Croire que le seul accord du salarié suffit à justifier la retenue
- Ne prévoir aucune règle de prise en charge dans le règlement intérieur
- Retenir sans accord avec les représentants des salariés
- Se retrouver, après la retenue, sous le salaire minimum
La question de savoir si l'on peut mettre l'uniforme à la charge du salarié et celle de savoir si l'on peut le retenir sur le salaire sont deux choses distinctes.
Pour l'entreprise, les mélanger est très dangereux.
Pourquoi un jugement au cas par cas selon le motif n'est pas réaliste
Les conflits sur l'uniforme naissent surtout à la frontière entre usure et faute du salarié.
Par exemple :
- Le tissu s'est aminci à force d'être porté normalement
- Les couleurs ont passé à force de lavages quotidiens
- Les taches du travail en usine ne partent plus
- La poche s'est déchirée
- La taille ne convient plus
- Le vêtement a rétréci au lavage à la maison
- Il s'est accroché quelque part et déchiré
- Il a été perdu
- Il n'a pas été rendu au départ
Si l'on veut examiner chaque fois « usure ou faute ? quel pourcentage pour qui ? », le coût de gestion explose.
Quand le supérieur, les RH, l'administration et l'intéressé se mettent à vérifier les faits pour une seule pièce, on a déjà un véritable comité de l'uniforme.
Et ce genre d'examen individuel finit presque toujours en dispute :
- Le salarié dit : « Je l'ai juste porté normalement »
- L'entreprise dit : « Vous l'avez peut-être mal traité »
- Le jugement change selon le supérieur
- Seuls les anciens sont traités avec indulgence
- Seuls les nouveaux sont traités avec sévérité
- La part à payer varie selon les relations humaines
- Au final, on décide « un peu au feeling »
Ce n'est pas un système, c'est de l'humeur.
Il est donc plus réaliste de traiter les cas par des règles uniformes (première dotation, remplacement périodique, achat supplémentaire, perte) plutôt que de juger finement chaque motif et chaque responsabilité.
La solution concrète : première dotation comme ceci, ensuite comme cela, ajouts comme cela
Le plus pratique est d'avoir des règles uniformes comme celles-ci :
Proposition A : le modèle standard favorable aux salariés
| Catégorie | Entreprise | Salarié | Remarque |
|---|---|---|---|
| Première dotation | 100 % | 0 % | Le nombre de pièces de base nécessaires au travail est prêté par l'entreprise |
| Remplacement périodique | 100 % | 0 % | Une fois par an ou tous les deux ans, contre restitution de l'ancienne pièce |
| Usure | 100 % | 0 % | À la charge de l'entreprise dans le cadre d'un usage normal |
| Ajout à la demande du salarié | 0 à 50 % | 50 à 100 % | Par exemple des pièces de rechange pour alterner |
| Perte | 0 % | 100 % | Une perte avérée est à la charge du salarié |
| Casse intentionnelle ou faute lourde | 0 % | 100 % | Uniquement en cas de faute claire |
| Non-restitution au départ | 0 % | Coût réel ou valeur résiduelle | Règle préalable nécessaire |
| Lavage quotidien | 0 à 100 % | 0 à 100 % | Selon le secteur et les exigences d'hygiène |
Ce modèle part du principe que l'uniforme imposé est indispensable au travail.
Comme il distingue « l'usure normale est payée par l'entreprise » de « les demandes personnelles et les pertes sont payées par le salarié », il est aussi plus facile à accepter du côté des salariés.
Proposition B : le modèle avec participation, pour limiter les coûts de l'entreprise
| Catégorie | Entreprise | Salarié | Remarque |
|---|---|---|---|
| Première dotation | 100 % | 0 % | Nombre minimal de pièces de base |
| Remplacement périodique à partir de la deuxième dotation | 70 à 100 % | 0 à 30 % | Si le salarié paie 30 %, c'est à indiquer obligatoirement |
| Ajout à la demande du salarié | 50 % | 50 % | Modèle à participation de moitié |
| Perte | 0 % | 100 % | Coût réel |
| Casse intentionnelle ou faute lourde | 0 % | 100 % | Coût réel |
| Changement voulu par l'entreprise | 100 % | 0 % | Changement de design, mutation, etc. |
| Lavage quotidien | 0 % | 100 % | Lavage à la maison présumé, à étudier pour les métiers soumis à l'hygiène |
Dans ce modèle, on peut aussi prévoir 30 % à la charge du salarié pour le remplacement dû à l'usure.
Mais si la tenue est imposée par l'entreprise, indispensable au travail et prêtée, 30 % à la charge du salarié fait déjà un peu pencher les coûts de son côté.
Même si cela peut être toléré, les conditions suivantes sont nécessaires :
- La règle a été expliquée à l'embauche
- Elle figure dans le règlement intérieur ou le règlement de prêt
- Il existe un plafond pour la part du salarié
- En cas de retenue sur salaire, il y a un accord avec les représentants des salariés
- La propriété et la restitution sont clarifiées
- Pour les changements voulus par l'entreprise ou une forte usure due au travail normal, c'est l'entreprise qui paie
Bref, la transparence du dispositif compte plus que les 30 % eux-mêmes.
Proposition C : le modèle qui évite le plus de conflits
Dans la pratique, la règle la plus simple est celle qui crée le moins de disputes :
Première dotation : à la charge de l'entreprise
Remplacement une fois par an : à la charge de l'entreprise
Au-delà d'une fois par an : moitié à la charge du salarié
Perte ou non-restitution : coût réel à la charge du salarié
Changement voulu par l'entreprise : à la charge de l'entreprise
Pas de retenue sur salaire ; si besoin, formulaire d'accord et règlement séparé
Avec cela, plus besoin de juger à chaque fois s'il s'agit d'usure ou de faute du salarié.
Si l'on trace la ligne « jusqu'à une fois par an, c'est l'entreprise, au-delà c'est le salarié », la décision devient beaucoup plus facile.
En somme, plutôt que de faire le procès des causes de l'usure, on règle tout par le cycle de remplacement.
« 30 % à la charge du salarié pour l'usure », est-ce normal ?
En conclusion : cela peut exister, mais pour un uniforme imposé par l'entreprise, on ne peut pas dire que ce soit vraiment la norme.
Un uniforme usé par un usage normal l'a aussi été en faisant le travail de l'entreprise. Si l'entreprise l'impose, oblige à le porter et que la tenue est difficile à utiliser hors du travail, il est plus naturel de traiter l'usure comme un coût d'exploitation de l'entreprise.
Cependant, si l'entreprise a clairement établi des règles comme les suivantes, une part de 30 % pour le salarié peut aussi se concevoir :
- Première dotation à la charge de l'entreprise
- À partir de la deuxième : entreprise 70 %, salarié 30 %
- Achats supplémentaires : entreprise 50 %, salarié 50 %
- Perte : salarié 100 %
- Changement voulu par l'entreprise : entreprise 100 %
- Plafond fixé pour le montant
- Règlement avec l'accord du salarié, et non retenue sur salaire
- Inscrit dans le règlement intérieur et le règlement de prêt
Dans ce cas, ce n'est plus une « règle mystérieuse annoncée du jour au lendemain ».
Pourtant, les salariés ont facilement ce réflexe :
L'entreprise l'impose, je n'ai pas d'autre choix que de le porter au travail, alors pourquoi payer pour l'usure normale ?
C'est une question tout à fait naturelle.
Si l'entreprise veut faire payer 30 %, elle devrait donc expliquer, au lieu de dire simplement « c'est la règle », le nombre de pièces fournies, la fréquence de remplacement, le montant pris en charge par l'entreprise, le plafond de la part du salarié, et s'il faut rendre ou non les vêtements.
La question de la propriété : « j'ai payé mais on me demande de rendre » est risqué
La propriété est une source de conflits étonnamment fréquente.
Si l'entreprise paie 100 % et prête les vêtements, il est naturel de les faire rendre au départ.
En revanche, si le salarié paie tout ou partie, cette question se pose :
L'uniforme que j'ai payé appartient-il à l'entreprise ou à moi ?
Par exemple, un salarié qui a payé 30 % et doit quand même rendre l'uniforme au départ a l'impression qu'on l'a fait acheter quelque chose qui ne deviendra jamais le sien.
Bien sûr, on peut aussi considérer cette participation non comme un « prix d'achat » mais comme une « contribution à l'usage d'un article prêté ». Mais même alors, il faut l'expliquer à l'embauche et à la remise.
Si ce point reste flou, le mécontentement vient très vite.
Exemple de classement de la propriété
| Prise en charge des coûts | Propriété | Restitution au départ |
|---|---|---|
| Entreprise à 100 % | Entreprise | Restitution |
| Achat à 100 % par le salarié | Salarié | En principe pas de restitution |
| Aide de l'entreprise plus part du salarié | À préciser dans le règlement | Dire clairement s'il y a restitution |
| Participation partielle pour un article prêté | Entreprise | Restitution. Explication préalable indispensable |
Le pire, c'est de faire payer le salarié sans expliquer la propriété ni les règles de restitution.
C'est un système d'uniforme percé de trous.
Le « règlement de prêt d'uniforme » que l'entreprise devrait établir
Pour faire fonctionner un système d'uniforme, il faut au minimum fixer les points suivants.
1. Qui reçoit un uniforme ?
- Salariés en CDI
- Salariés en CDD
- Temps partiel et petits boulots
- Intérimaires
- Personnel de courte durée
- Salariés en période de formation
- Participants à la formation avant l'embauche
Il faut préciser qui reçoit des vêtements.
Le personnel de courte durée et les salariés en formation sont particulièrement sources de conflits.
2. Nombre de pièces de la première dotation
- Veste : 2
- Pantalon ou jupe : 2
- Tablier : 2
- Casquette : 1
- Badge : 1
- Chaussures de sécurité : 1 paire
On établit ainsi la liste de ce qui est fourni.
Si l'on écrit seulement « ensemble d'uniforme », on ne sait pas ce qui est inclus.
3. Prise en charge des coûts
- Première dotation à la charge de l'entreprise
- Remplacement périodique à la charge de l'entreprise
- Ajout à la demande du salarié : moitié-moitié
- Perte : coût réel à la charge du salarié
- Changement voulu par l'entreprise : à la charge de l'entreprise
Mieux vaut le présenter sous forme de tableau.
Avec du texte seulement, les interprétations divergent par la suite.
4. Fréquence de remplacement
- Une fois par an
- Une fois tous les deux ans
- En cas de casse ou de salissure, sur demande
- Remplacement à tout moment pour les métiers où l'hygiène l'exige
Quand la fréquence est fixée, on a moins besoin d'examiner au cas par cas « usure ou faute ».
5. Achats supplémentaires
- Les ajouts demandés par le salarié sont achetés au prix coûtant
- L'aide de l'entreprise est limitée à une fois par an
- Les achats supplémentaires sont soumis à l'accord du supérieur
- Ce qui dépasse la limite de fourniture est à la charge du salarié
Sans règle sur les achats supplémentaires, on se dispute pour des histoires de « il me manque des rechanges » et « on m'a dit de l'acheter moi-même ».
6. Perte et casse
- La casse due à un usage normal est à la charge de l'entreprise
- La perte est à la charge du salarié
- La faute intentionnelle ou lourde est à la charge du salarié
- Quand le jugement est difficile, on traite le cas dans le quota de remplacement périodique
L'important ici est de ne pas juger chaque fois les cas difficiles à trancher.
7. Restitution au départ
- Les articles prêtés par l'entreprise sont rendus au départ
- Montant à payer en cas de non-restitution
- Articles dispensés de restitution
- Articles jetés pour des raisons d'hygiène
- Traitement des articles achetés par le salarié
La règle de restitution devrait être annoncée dès le début.
Dire brusquement au départ « rendez-le » puis « si vous ne pouvez pas, payez » provoque des conflits.
8. Retenue sur salaire
- Retient-on sur le salaire ?
- Règle-t-on en espèces ?
- Y a-t-il un accord avec les représentants des salariés ?
- Fait-on signer un formulaire d'accord ?
- Le salaire ne tombe-t-il pas sous le minimum légal ?
Une retenue pour l'uniforme faite à la légère est dangereuse.
L'entreprise pense facilement « c'est une petite somme, ce n'est pas grave », mais cela touche au principe du paiement intégral du salaire.
Ce que les salariés devraient vérifier
Si l'on vous réclame le coût de l'uniforme, plutôt que de vous battre à chaud, vérifiez d'abord les points suivants.
Vérification 1 : l'uniforme est-il imposé par l'entreprise ?
S'il est imposé, obligatoire et inutilisable en dehors du travail, il est naturel que l'entreprise paie.
À l'inverse, pour des articles courants que l'on peut porter aussi au quotidien, comme une chemise blanche, un pantalon noir ou des chaussures noires, la participation du salarié est envisageable.
Vérification 2 : est-ce écrit dans le règlement intérieur ou la notification des conditions de travail ?
S'il y a une participation du salarié, il devrait y avoir un règlement, une notification et des explications.
« C'est comme ça depuis toujours » ne suffit pas.
Vérification 3 : y a-t-il une différence entre la première dotation et les suivantes ?
Selon les entreprises, il existe une règle où la première dotation est prise en charge par l'entreprise et les suivantes en partie par le salarié.
Vérifiez cela non pas à l'émotion, mais comme une règle.
Vérification 4 : usure ou ajout demandé par le salarié ?
Pour l'usure d'un usage normal, il est naturel que l'entreprise paie.
En revanche, si vous voulez plus de rechanges, une réserve personnelle ou des pièces au-delà de la limite de fourniture, la participation du salarié est envisageable.
Vérification 5 : y a-t-il une retenue sur salaire ?
En cas de retenue, un accord sur les retenues salariales est nécessaire.
« C'est pour l'uniforme, donc on retient » est du travail bâclé.
Vérification 6 : faut-il rendre l'uniforme ?
Si vous payez, vérifiez la propriété et les règles de restitution.
« Je paie mais je rends » mécontente facilement et exige une explication.
En somme : le coût de l'uniforme n'est pas une question de vêtements, mais de conception du dispositif
En apparence, le sujet de l'uniforme concerne le prix de vêtements.
Mais au fond, il s'agit de savoir jusqu'où l'entreprise a su instaurer des règles pour les coûts nécessaires au travail.
Un dispositif sérieux ressemble à ceci :
Première dotation à la charge de l'entreprise.
Remplacement périodique à la charge de l'entreprise.
Ajout demandé par le salarié : participation partielle.
Perte à la charge du salarié.
Changement voulu par l'entreprise à la charge de l'entreprise.
Retenue sur salaire avec une procédure.
Propriété et restitution expliquées dès le départ.
À l'inverse, un système d'uniforme percé de trous ressemble à ceci :
C'est imposé par l'entreprise.
Le port est obligatoire.
Mais achetez-le.
Le montant, on le décidera le moment venu.
Quand ce sera vieux, c'est à vos frais.
On retient sur votre paie.
Au départ, rendez-le.
Le règlement ? On ne sait pas trop.
Ce n'est plus un système d'uniforme, c'est un mécanisme pour boucher les trous de l'entreprise avec le portefeuille des salariés.
Plutôt que de trancher à chaque fois en réunion de singes « usure ou mauvais traitement ? », mieux vaut des règles uniformes dès le départ.
La première dotation, c'est ça. Les suivantes, c'est ça. Les ajouts, c'est ça. La perte, c'est ça. Les changements de l'entreprise, c'est ça.
On peut faire aussi simple que cela.
Les entreprises qui se disputent à propos de l'uniforme ne se disputent pas à propos de vêtements.
Elles se disputent à cause de trous dans les règles.
Un exemple de règlement utilisable en pratique
Voici un exemple que l'entreprise peut reprendre tel quel comme base de travail.
Article 1
L'entreprise prête aux salariés l'uniforme nécessaire au travail.Article 2
La première dotation est à la charge de l'entreprise. Le nombre de pièces est fixé en annexe.Article 3
L'usure due à un usage normal donne lieu à un remplacement aux frais de l'entreprise, dans la limite d'une fois par an.Article 4
Lorsque, au-delà de la limite de remplacement prévue à l'article précédent, une pièce supplémentaire est prêtée ou achetée à la demande du salarié, celui-ci prend en charge 50 % du coût.Article 5
En cas de perte, de non-restitution ou de casse due à une faute intentionnelle ou lourde, le salarié supporte le coût réel.Article 6
Le coût du remplacement dû à un changement d'uniforme voulu par l'entreprise, à une mutation ou à tout autre cas que l'entreprise juge nécessaire est à la charge de l'entreprise.Article 7
Les articles prêtés sont rendus au départ ou à la demande de l'entreprise. Ceux qui n'ont pas à être rendus pour des raisons d'hygiène sont fixés séparément.Article 8
Si la part à la charge du salarié est retenue sur le salaire, on suit l'accord sur les retenues salariales et les autres procédures nécessaires.
Avec cela, les conflits sont déjà bien moins probables.
Le point essentiel est de traiter les cas par le cycle de remplacement et la répartition des coûts, et non par une enquête sur les causes.
Résumé : avant les 30 %, regardez d'abord s'il y a une règle
Au sujet de la part payée par le salarié pour l'uniforme, on a envie de se demander « 30 %, est-ce normal ? » ou « la moitié, est-ce normal ? ».
Mais les données publiques sur la répartition du coût de l'uniforme lui-même sont rares. Chercher seulement des pourcentages ne donne donc guère de réponse nette.
En pratique, il vaut mieux examiner les points dans cet ordre :
- L'uniforme est-il imposé par l'entreprise et indispensable au travail ?
- S'agit-il de la première dotation ou de la deuxième et des suivantes ?
- S'agit-il d'usure normale, d'un ajout demandé par le salarié ou d'une perte ?
- Est-ce écrit dans le règlement intérieur ou le règlement de prêt ?
- Existe-t-il une procédure pour la retenue sur salaire ?
- La propriété et les règles de restitution sont-elles claires ?
- Le montant est-il raisonnable ?
Dans cet ordre, la réponse se clarifie beaucoup.
Première dotation et usure normale : il est naturel que l'entreprise paie.
Ajouts demandés par le salarié et perte : le salarié peut payer.
Une part de 30 % pour l'usure peut exister, mais pour un uniforme imposé, elle penche plutôt du côté de l'entreprise.
Et le plus important : des règles uniformes, plutôt qu'un jugement à l'humeur à chaque fois.
Le coût de l'uniforme n'est pas une question de vêtements.
C'est là que l'on voit la capacité d'un lieu de travail à concevoir ses règles.
