« Attends, comment tu as trouvé ça ? »
Quelqu'un comparait des maisons. Une autre personne a proposé son aide et, en quelques minutes, a déniché plusieurs possibilités passées inaperçues. En recoupant des plans et des annonces publiques, elle a même reconnu un bien que l'autre regardait déjà.
Réaction immédiate : « Mais tu es une intelligence artificielle ou quoi ? »
La personne qui cherchait était toujours allongée sur son lit.
Pas besoin de se lever pour obtenir une réputation de moteur de recherche surpuissant.
Pourtant, le secret n'était pas de taper plus vite. Il consistait à comprendre rapidement quelles informations méritaient d'être cherchées.
Deux maisons neuves, deux prix très différents : pourquoi ?
Le mot « neuf » ne rend pas les logements comparables. Terrain, surface habitable, accès, transports, commerces et conditions de vente changent tout.
La liste des critères devient vite si longue qu'on ne sait plus si l'on cherche une maison ou la sortie d'un tableur infini.
D'où une question simple : si l'on prend rarement le train, faut-il vraiment payer davantage pour être à deux pas de la gare ?
Pour une personne qui se déplace chaque jour en train, c'est peut-être essentiel. Pour une autre qui conduit, une pièce plus grande ou un supermarché facile d'accès aura davantage de valeur.
Une « bonne situation » n'a de sens qu'en fonction de la personne qui va y vivre.
À budget égal, une petite maison proche des transports et une grande maison plus éloignée peuvent être deux choix raisonnables. Ce n'est pas à l'ami qui trouve les annonces de trancher.
Le gain de temps commence avant la recherche
Un chercheur efficace ne lit pas forcément cent fiches jusqu'à la dernière ligne. Il commence par les quelques critères capables de modifier la décision.
Budget, espace, trajet quotidien, courses, risques importants : qu'est-ce qui est indispensable ? Où peut-on faire des compromis ?
Et si un critère est inconnu, il cherche d'abord à comprendre à quoi il sert.
Il ne collectionne pas simplement des réponses. Il modifie sans cesse l'ordre des questions à poser.
On éloigne un peu la zone de recherche de la gare : l'espace augmente-t-il ? On ajuste la surface minimale : d'où vient la différence de prix ?
La recherche sert aussi à découvrir comment juger les résultats.
L'hôtel haut de gamme qu'on aurait pu éliminer trop vite
La même curiosité a déjà permis de repérer une formule étonnamment avantageuse dans un hôtel de standing.
Avec le réflexe « hôtel de luxe = hors de prix », la page aurait été refermée immédiatement.
Le séjour s'est finalement révélé excellent, notamment pour la restauration.
Évidemment, une offre moins chère peut s'expliquer par la date, la chambre ou les conditions de réservation. Il faut les vérifier. Mais autant ne pas supprimer une possibilité sur la seule foi d'une impression.
Et si quelqu'un ne sait même pas ce qu'il a envie de faire ?
Dans un groupe de loisirs, une personne lance : « J'aimerais faire quelque chose, mais je n'ai aucune idée. »
Quelqu'un évoque une activité inconnue.
« C'est quoi ? »
Après quelques explications : « Ah oui, ça pourrait être amusant à essayer ! »
Cette envie n'existait pas forcément auparavant : impossible de désirer une activité dont on ignorait l'existence.
Chercher un logement élargit les moyens de répondre à un besoin connu. Proposer une activité peut faire naître une curiosité nouvelle.
Dans les deux cas, suggérer n'est pas décider à la place des autres.
Une liste immense peut aussi décourager
Cent annonces d'un coup ne rendent pas toujours service. Les recherches sur l'excès de choix montrent que la complexité des options et la clarté des préférences influencent la difficulté à décider.
Il vaut souvent mieux dire : « Avec tes critères, ces trois-là méritent une visite. »
Surtout pour un achat immobilier, la sélection en ligne n'est qu'un début. Il reste à vérifier l'accès, le bruit, l'état du bâtiment et les documents.
Trouver des candidats en quelques minutes n'est pas vérifier un achat en quelques minutes.
On accélère ce qui peut l'être, sans bâcler le reste.
La personne n'a pas bougé. Les possibilités, si.
Un hôtel qu'on croyait inaccessible. Une maison qu'on n'avait pas envisagée. Une activité qui donne soudain envie à un groupe.
Aucune de ces découvertes n'exige de choisir pour quelqu'un d'autre. Il suffit parfois de dire : « Tu as pensé à ça ? »
Pendant ce temps, la personne qui cherchait est restée au lit.
Ce qui s'est agrandi, c'est l'horizon des autres.
Pour aller plus loin
- Scheibehenne, Greifeneder & Todd (2010), Can There Ever Be Too Many Options? — https://doi.org/10.1086/651235
- Chernev, Böckenholt & Goodman (2015), Choice Overload: A Conceptual Review and Meta-Analysis — https://doi.org/10.1016/j.jcps.2014.08.002
