Ces pourcentages de réduction du stress sont-ils fiables ? Testez-le vous-même

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Sur les réseaux sociaux, on tombe parfois sur un post de ce genre.

Taux de réduction du stress

Marche  42 %
Café  54 %
Musique  61 %
Lecture  68 %

Et il se poursuit ainsi :

Aller à pied jusqu'à Starbucks en écoutant de la musique,
puis lire un livre en buvant son café.
Rien que ça, et la journée est parfaite.

Je comprends.

Marcher.
Écouter de la musique.
Boire un café.
Lire.

Cette combinaison donne facilement l'impression d'une journée bien remplie, d'un esprit remis en ordre, de « pour aujourd'hui, ça ira ».

Mais une question se pose.

Ces pourcentages, c'est vrai ?

Je vous donne la conclusion tout de suite :

L'orientation générale est plutôt raisonnable.
Mais il vaut mieux ne pas avaler tels quels ces pourcentages figés.
Le plus efficace, c'est d'essayer chaque chose séparément et de ne garder que ce qui vous convient.

Dans cet article, je fais le point sur la façon de lire ces taux de réduction du stress vus sur les réseaux, et sur la manière de construire votre propre tableau de récupération.

Les chiffres sont amusants comme point de départ, mais douteux comme valeurs fixes

Des chiffres comme « la lecture réduit le stress de 68 % », « musique 61 % », « café 54 % », « marche 42 % » sont souvent présentés comme issus d'expériences menées à l'étranger ou de communiqués de presse.

Mais les prendre tels quels, comme si cela voulait dire

Ça marche pareil pour tout le monde
Ça marche pareil à chaque fois
Si on additionne tout, c'est encore plus fort

est risqué.

Les réactions au stress varient énormément d'une personne à l'autre.

Pour un même café,

pour l'un, c'est une pause, un parfum, un petit rituel
pour l'autre, c'est de la nervosité, des palpitations, de l'anxiété et un sommeil dégradé

Pour une même musique,

pour l'un, elle apaise les nerfs
pour l'autre, c'est une surstimulation

Pour une même promenade,

sur un chemin au milieu des rizières, on récupère
dans la foule ou dans un centre commercial, on s'épuise

Tout cela peut arriver.

Alors, prenez les pourcentages des réseaux comme un « tiens, voilà quelques pistes ».

Observer les réactions de votre corps, notes à l'appui, est plus utile que de croire un chiffre.

Ce n'est pas une multiplication : on combine des voies de récupération

En voyant marche 42 %, café 54 %, musique 61 %, lecture 68 %, on a vite fait de penser :

Si je fais tout, je suis invincible, non ?
Je vais récupérer à presque 100 %, non ?

Mais c'est très douteux.

Réduire le stress ne fonctionne pas comme les bonus d'un jeu vidéo, qui s'additionnent ou se multiplient simplement.

Marche 42 %
+ Café 54 %
+ Musique 61 %
+ Lecture 68 %
= Stress nul

Ça ne marche pas comme ça.

Cela dit, les combiner n'est pas inutile.

La marche, la musique, une boisson et la lecture appuient chacune sur un interrupteur de récupération différent.

Marche
→ bouger le corps, sortir, changer de paysage

Musique
→ change l'humeur, l'attention et l'orientation du système nerveux autonome

Café ou autre boisson
→ rituel de pause, un peu d'éveil, un point de repère

Lecture
→ l'attention passe des ruminations aux mots, aux histoires, aux connaissances

Donc, plutôt qu'une multiplication, c'est

une combinaison de voies de récupération.

Chacune, sous un angle différent, tire vos nerfs hors de la rumination des choses désagréables.

C'est pourquoi, quand on fait tout, on ressent moins un « stress réduit de tant de pour cent » qu'un « aujourd'hui, je me suis remis en ordre » :

Je suis sorti
J'ai bougé
J'ai fait entrer des sons que j'aime
J'ai soufflé avec une boisson
J'ai déplacé mon attention vers un livre ou un article

La marche est une très bonne candidate

La marche est une candidate plutôt solide pour prendre soin de son stress.

Les raisons sont simples.

On bouge le corps
Le paysage change
On prend l'air
On change de lieu
On s'éloigne de l'endroit où l'on ruminait

Quand une pensée désagréable tourne en boucle, rester dans la même pièce fait tourner les mêmes idées.

Si l'on sort marcher, ce sont des images, la sensation des pieds, les bruits alentour et le rythme du corps qui entrent.
Il devient plus facile de sortir un peu de la boucle de rumination.

Mais toutes les marches ne se valent pas.

Dans la foule, les zones commerciales, le bruit, les feux, les voitures ou les endroits saturés d'informations, on peut finir plus fatigué.

Pour certaines personnes,

aller à pied jusqu'à Starbucks

marche moins bien que

marcher sur un chemin entre les rizières
longer une rivière
acheter une boisson sucrée au konbini (supérette ouverte jour et nuit) et marcher dans une rue calme

La marche qui vous convient, c'est à vous de la trouver.

Pour la musique, ce qu'on écoute compte

La musique est aussi une candidate solide pour prendre soin de son stress.

Mais ce n'est pas « n'importe quelle musique apaisante fait l'affaire ».

Le type de musique qui marche diffère d'une personne à l'autre.

Piano tranquille
Sons de la nature
Chansons d'anime qu'on aime
Musiques de jeux vidéo
Thèmes de combat solennels et épiques
Rock
Morceaux de jeux de rythme

Quand les nerfs sont dans le rouge, un morceau lent et apaisant mis d'un coup peut ne pas convenir.

Avant d'aller travailler, ou les jours de grande colère, un thème de combat solennel et épique peut mieux convenir.

NieR
Persona
Dark Souls
Monster Hunter
Musique de boss final à l'allure sacrée

Des morceaux comme ceux-là ne se contentent pas d'apaiser : ils peuvent parfois

transformer des nerfs dans le rouge en un mode « départ au combat » qui a du sens

Alors, avec la musique, ne regardez pas seulement si elle fait baisser le stress. Regardez aussi

si elle correspond à l'état de mes nerfs en ce moment
si je peux me calmer ensuite
si elle ne surstimule pas

Le café dépend des personnes

Le café est parfois présenté comme un soin contre le stress.

Le parfum.
La chaleur.
La sensation de tenir la tasse.
Le rituel de la pause.
Le fait d'aller au café.
Le repère du « voilà, j'ai soufflé ».

Tout cela fonctionne vraiment.

Mais la caféine ne convient pas à tout le monde.

La caféine augmente la vigilance.
Et cette hausse peut parfois faire basculer l'humeur.

En revanche, certaines personnes ressentent

des palpitations
de l'agitation
de l'anxiété
des tremblements dans les mains
des maux d'estomac
des difficultés à dormir la nuit

Autrement dit, certains jours le café est une « récupération », d'autres jours un « turbo d'agitation ».

Soyez particulièrement prudent

les jours de manque de sommeil
les jours où votre alarme intérieure « je veux m'enfuir d'ici » sonne déjà
quand votre cœur bat déjà vite
si vous en buvez le soir
si vous en buvez à jeun

Les jours où le café ne convient pas, un déca, un thé, de l'eau chaude, une boisson sucrée ou une soupe feront aussi l'affaire.

L'important n'est pas le café en tant que substance, mais le rituel de la pause et un niveau de vigilance qui vous convient.

La lecture évacue la rumination

La lecture a le pouvoir de déplacer l'attention vers le texte.

Quand on pense sans cesse à quelque chose de désagréable, les mêmes images et les mêmes phrases tournent dans la tête.

Cette façon de le dire, ça me met toujours en colère
Cette fois-là aussi, c'était pareil
Pourquoi toujours moi
Ça risque de recommencer demain

Dans cet état, la tête est occupée par la même boucle.

Quand on lit, l'entrée de l'attention change.

On lit le texte
On suit le sens
On comprend les personnages ou les idées
On lit la phrase suivante

Ce mouvement permet de s'écarter plus facilement, un moment, de la rumination.

Mais la lecture peut aussi peser quand on est fatigué.

Dans ce cas,

un article court
un manga
un résumé de livre
un livre audio
quelques pages sur Kindle

conviennent aussi.

Si l'on réduit la lecture à « lire un vrai livre comme il faut », on ne fait que relever la barre.

Tester chaque chose séparément soi-même, c'est le plus efficace

Au fond, le plus efficace, c'est ceci :

Essayer séparément, et garder ce qui vous convient.

C'est bien de voir les pourcentages des réseaux et de découvrir les pistes :

Il paraît que la marche marche
Il paraît que la musique marche
Il paraît que le café marche
Il paraît que la lecture marche

Mais c'est votre propre journal qui décide de ce que vous adoptez.

Par exemple, essayez comme ceci.

Jour 1 : marche seulement
Jour 2 : musique seulement
Jour 3 : boisson seulement
Jour 4 : lecture seulement
Jour 5 : marche + musique
Jour 6 : marche + boisson
Jour 7 : marche + musique + lecture

Puis, après coup, notez de 0 à 10.

Stress : 0-10
Somnolence : 0-10
Agitation : 0-10
Légèreté du corps : 0-10
Rumination en baisse : 0-10
Envie de recommencer : 0-10

Cela suffit.

Ce qui compte n'est pas la statistique détaillée, mais l'effet sur vos propres nerfs.

Construisez votre propre tableau de récupération nerveuse

Transformez vos résultats en votre tableau personnel de récupération nerveuse.

Exemple :

Colère, ambiance pesante au travail
→ marche entre les rizières, en faire un article, douche bien chaude

Avant d'aller travailler
→ thème de combat solennel, courte marche, boisson légère

Forte rumination
→ dicter à voix haute pour sortir ça de la tête, en faire un article, marche

Fatigue physique
→ lit, douche chaude, soupe

Forte agitation
→ pas de café mais de l'eau chaude ou une boisson sucrée, musique apaisante

Forte somnolence
→ courte marche, un peu de caféine, soleil

Soir
→ un peu de lecture, musique douce, pas de caféine

Une fois ce tableau en main, les pourcentages des réseaux ne vous balottent plus.

Vous regardez votre état et vous choisissez comment récupérer.

C'est une vraie force.

Ne comptez pas le « ça n'a pas marché » comme un échec

Si vous avez essayé et que ça n'a pas marché, ce n'est pas un échec.

C'est une donnée précieuse.

Starbucks était bondé, ça m'a fatigué
Le café m'a rendu nerveux
La musique, selon le morceau, stimulait trop
La lecture pesait un jour de fatigue
Marcher dans la foule, impossible
Le chemin entre les rizières a marché

Tout cela devient de la matière pour votre tableau de récupération.

Rayer ce qui ne vous convient pas, c'est aussi un vrai progrès.

Les méthodes de récupération ne sont pas des règles générales : on les ajuste pour soi.

En résumé : faites confiance à votre journal, pas aux pourcentages des réseaux

Marche, musique, café, lecture.
L'idée que tout cela aide à gérer le stress est plutôt raisonnable.

Mais il n'est pas nécessaire de croire tels quels les pourcentages figés.

Marche 42 %
Café 54 %
Musique 61 %
Lecture 68 %

Des chiffres comme ceux-ci sont amusants comme point de départ.
Mais dans la vraie vie, ce qui compte davantage, c'est

si ça marche pour moi
dans quel ordre ça marche
à quelle heure ça se retourne contre moi
quelle combinaison me donne un sentiment de plénitude

En une phrase :

Les taux de réduction du stress des réseaux ne sont qu'une indication.
Essayez chaque chose séparément et ne gardez que ce qui vous convient.

C'est ça, le plus efficace.

La récupération n'est pas une formule valable pour tout le monde.
C'est le travail d'écrire le mode d'emploi de vos propres nerfs.


Modèle pour le test de 7 jours

Date :
Ce que j'ai essayé :
Lieu :
Moment de la journée :
Stress avant 0-10 :
Stress après 0-10 :
Somnolence 0-10 :
Agitation 0-10 :
Légèreté du corps 0-10 :
Rumination en baisse 0-10 :
Envie de recommencer 0-10 :
Notes :
Adopter / En attente / Écarter :

Mots-clés de recherche

  • taux de réduction du stress marche café musique lecture
  • lecture stress 68 % vrai
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  • The Upside of Stress: Why Stress is Good for You (and How to Get Good at it) (édition anglaise)

    Kelly McGonigal / Vermilion / 2015

    Un livre sur stress, le sujet de cet article.

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