1. Cherchez la règle commune, pas chaque astuce séparément
Si vous voyez la réparation de lunettes, la restauration d'un tableau et la connexion à un souvenir comme trois astuces distinctes, il est difficile de deviner la suite. Mais si l'on en tire le point commun, il ne reste qu'une seule règle :
Remettre en état ce qui a été coupé, les liens perdus, les structures brisées
Scène concrète
→ structure commune
→ essence du pouvoir
→ prochaine application
En raisonnant ainsi, on peut inscrire très tôt sur la liste des possibilités des choses comme transpercer un cœur, réparer un corps humain, rendre des souvenirs ou rendre des pouvoirs.
2. Une histoire fait grandir un pouvoir jusqu'à en faire un concept abstrait
L'évolution classique d'un pouvoir suit ce chemin :
Petite astuce du quotidien
→ usage en combat
→ usage sur l'esprit et la mémoire
→ résolution du thème de l'œuvre
Le pouvoir du héros est souvent conçu pour devenir, à la fin, l'arme idéale contre le système ennemi ou le problème central de l'histoire.
Dans le cas d'Altare, le pouvoir de réparer les objets s'étend jusqu'à devenir la force qui renoue les liens entre les gens, les souvenirs, les capacités et une société divisée.
3. L'abstraction affine vos prédictions, mais peut dépasser l'auteur
À force d'abstraire, on peut aller jusqu'à ceci :
Coudre un objet
→ coudre un corps
→ coudre un souvenir
→ coudre l'espace
→ coudre le passé au présent
→ recoudre le monde
On arrive au pouvoir ultime typique des romans web japonais (le style « Narou », du nom du site Shosetsuka ni Naro) : relier un météore au sol pour le faire tomber, coudre deux points pour se téléporter, relier un état passé au présent pour ressusciter.
Pourtant, transpercer un cœur et se connecter aux souvenirs vont dans le sens de l'œuvre, alors que le voyage dans le temps ou la refonte de l'univers relèvent très probablement d'une extrapolation excessive de la part du lecteur.
4. Le pouvoir le plus fort transforme le héros en boss final
Il est dangereux que la personne décide elle-même de ce que « réparer » veut dire.
Réparer une blessure
→ réparer un souvenir
→ réparer une personnalité pour la remettre dans le « bon » état
→ réparer la société pour lui donner la « bonne » forme
→ réparer l'histoire pour qu'elle soit conforme à l'idéal
Dès qu'on pense « ce monde est mauvais, alors je vais tout réparer moi-même », on devient le boss final qui écrase la personnalité et les choix des autres au nom du salut.
Un pouvoir de réparation soulève un dilemme éthique encore plus grand qu'un pouvoir de destruction : qui décide de ce qu'est le « bon état » ?
5. Une limite naturelle pour l'histoire
Un plafond naturel, qui ne casse pas l'œuvre tout en gardant un pouvoir taillé sur mesure pour le héros, ressemblerait à ceci :
- Il peut réparer le corps d'une personne vivante
- Il peut lire les souvenirs restés dans les objets
- Il peut rendre à leur propriétaire les souvenirs et les pouvoirs qu'on lui a pris
- Il ne peut pas ressusciter complètement les morts
- Il ne peut pas modifier le passé lui-même
- Il ne peut pas corriger la personnalité de quelqu'un contre sa volonté
À peu près cela.
Le héros est le plus fort, mais il ne devient pas l'administrateur du monde. Avec cette ligne, l'histoire conserve à la fois son thème et sa tension.
